Clément Sommier :
« En Suisse, il y a un amour inconditionnel de Bordeaux »
Sacré Meilleur Sommelier de France il y a quelques mois, à tout juste 29 ans, Clément Sommier connaît bien la Suisse, où il vit et travaille depuis cinq ans. À l’approche des dégustations de l’Union des Grands Crus à Zurich et Londres (2 et 3 novembre 2026), rencontre avec un jeune talent « au pays des Helvètes ».
Vous êtes devenu Meilleur Sommelier de France en 2026. Comment se prépare-t-on à un tel concours ?
Il faut d’abord comprendre que le métier ne se limite pas au vin. Il touche à tout ce qui peut être bu dans un restaurant : les spiritueux, le thé, le café, les eaux… Il faut donc énormément goûter, apprendre et rester ouvert à toutes les cultures des boissons. Le Concours cherche justement à balayer le métier dans toute sa diversité, de la théorie au service en passant par l’expérience client. Et c’est ce qui rend la sommellerie passionnante : cet univers est infini. Une vie ne suffit pas pour tout goûter, tout apprendre et rencontrer tous ceux qui le font vivre.
Votre père, Fabrice Sommier, a lui-même eu une grande carrière dans la sommellerie. Était-il évident pour vous de suivre cette voie ?
Pas du tout (rires) ! J’ai commencé un peu par hasard... À partir de 16 ans, je travaillais l’été dans les restaurants du groupe Georges Blanc, dont mon père était alors Directeur Général. J’ai ensuite effectué une licence de sciences politiques à Lyon et c’est seulement vers 22 ans que j’ai véritablement commencé à m’intéresser au vin. J’ai poursuivi avec une école de commerce à Dijon, davantage tournée vers le commerce du vin, avant de partir en Suisse. Je n’ai jamais fait d’école de sommellerie, j’ai beaucoup appris sur le tas. Mon père m’a évidemment aidé, mais il a surtout eu l’intelligence de me laisser tracer mon propre chemin et d’avancer à mon rythme.
Vous vivez et travaillez aujourd’hui en Suisse. Quelle place les Grands Crus de Bordeaux y occupent-ils ?
Une place très importante ! En Suisse, il y a un amour inconditionnel de Bordeaux. C’est quelque chose que j’ai vraiment découvert en arrivant ici. Je n’avais pas, à l’époque, une connaissance extrêmement poussée de Bordeaux et j’ai découvert un pays qui aime ces vins, jeunes comme plus évolués, et qui possède surtout une véritable culture de la région. Les amateurs connaissent les différences entre les Terroirs, les Propriétés, les Crus Classés…
La Suisse romande est notamment une place forte pour Bordeaux. En Suisse alémanique, la concurrence des vins italiens et espagnols est naturellement plus importante, mais Bordeaux y reste très présent. Ce qui est également remarquable, c’est la profondeur des caves de certains restaurants et amateurs. Beaucoup ont acheté des vins “En Primeurs” et les ont conservés.
Cela permet aujourd’hui de boire de très belles bouteilles, avec de l’âge, et dans des conditions de conservation optimales. Je suis d’ailleurs convaincu que faire goûter de grands Bordeaux, avec quelques années d’évolution, est l’une des meilleures manières de donner envie aux gens d’en boire. Il y a très peu de régions dans le monde, dont les vins possèdent cette capacité à se déguster à la fois jeune, mais également à autant se dévoiler dans le temps.
Dans toute la diversité des Grands Crus de Bordeaux, quels terroirs et quelles Propriétés vous attirent particulièrement ?
Cela dépend énormément des Millésimes, mais il y a évidemment des Propriétés auxquelles je suis particulièrement attaché. À Pessac-Léognan, j’aime énormément le Château Haut-Bailly.
C’est d’ailleurs l’une des Propriétés que j’achète personnellement “ En Primeurs.”
Ce qui me touche dans ce Château, c’est cette grâce et cette élégance. Même lorsqu’on le goûte très jeune, il possède déjà un grand équilibre. Il y a quelque chose de très velouté dans les textures. C’est un vin que je trouve extrêmement classe. À Saint-Émilion, Clos Fourtet me bluffe à chaque fois. Je trouve qu’il y a une vraie régularité, dans les petits comme dans les grands Millésimes. Et lorsque l’on visite les carrières avant de goûter les vins, on comprend vraiment d’où vient ce côté crayeux. Même le second vin, La Closerie de Fourtet, me plaît énormément.
Si vous deviez comparer votre métier de Sommelier à un autre métier, lequel serait-ce ?
Équilibriste ! Il faut s’adapter à chaque situation. Quand ça bouge à gauche, il faut savoir équilibrer à droite.
Et si un Grand Cru de Bordeaux était une chanson ?
Je dirais Château Haut-Bailly avec My Way de Frank Sinatra (https://www.youtube.com/watch?v=qQzdAsjWGPg). Il y a quelque chose de faussement nostalgique dans cette chanson qui me plaît beaucoup. Et puis je retrouve cette idée d’élégance, quelque chose de posé, d’équilibré… Haut-Bailly m’évoque spontanément cela.
Si vous deviez partir sur une île déserte et n’emporter qu’un seul Grand Cru, lequel choisiriez-vous ?
Clos Fourtet. Il me faudrait quelque chose que je puisse déguster tous les jours sans jamais être déçu, et je le choisirais pour sa régularité. Après, il faudrait surtout savoir combien de bouteilles j’ai le droit d’emporter, parce qu’elles pourraient partir assez vite (rires) !
Un grand merci à Clément Sommier pour cet échange passionnant. Envie de découvrir à votre tour ces Propriétés d'exception ? Retrouvez les Châteaux Haut-Bailly, Clos Fourtet, Phélan Ségur et bien d'autres Grands Crus de Bordeaux sur ugcb.com.
Ne manquez pas les dégustations de l'Union des Grands Crus de Bordeaux à Zurich et Londres les 2 et 3 novembre (destinées aux professionnels de la filière).
Pour toute demande d'information : contact@ugcb.net
FAQ
Qui est Clément Sommier ?
Meilleur Sommelier de France 2026, sacré à Lyon à tout juste 29 ans, Clément Sommier est sommelier-conseil chez Berthaudin à Genève. Il est le fils de Fabrice Sommier, Président de l’Union de la Sommellerie Française.
Quels sont ses Grands Crus de Bordeaux préférés ?
Il cite notamment Château Haut-Bailly (Pessac-Léognan), Clos Fourtet (Saint-Émilion Grand Cru), ainsi que Phélan Ségur (Saint-Estèphe).
Quand ont lieu les dégustations de l’Union des Grands Crus de Bordeaux ?
Les prochaines étapes de la Tournée Europe sont Zurich et Londres, les 2 et 3 novembre 2026. Retrouvez le calendrier complet sur UGCB.com