Château de Lamarque, Un Cru singulier
Près de 1 000 ans d’histoire veillent sur le Château de Lamarque, forteresse devenue demeure familiale puis Propriété viticole. Situé au sein du village de Lamarque dans le Haut-Médoc, la famille Gromand d’Évry y produit un vin, fidèle à son identité et à son terroir.
À quelques encablures du centre du bourg, au bout d’une longue allée bordée d’arbres, une forteresse vieille de quasiment un millénaire, construite par le Seigneur Garsion de Lamarque au XIème siècle dévoile son donjon.
Bienvenue au Château de Lamarque, l’une des Propriétés les plus singulières de l’Union des Grands Crus de Bordeaux. Pour comprendre Lamarque, il faut regarder la carte. Nous sommes dans le Haut-Médoc, sur les terres qui longent l’estuaire de la Gironde. Au Moyen Âge, le lieu occupe une position stratégique. Lamarque est une « marche », une frontière qu’il faut surveiller et défendre. Une première fortification aurait été établie autour de l’an mille pour défendre la Guyenne des invasions vikings ; au fil des siècles, tours, donjon et bâtiments viennent composer la silhouette de la forteresse actuelle. L’histoire de Lamarque épouse alors celle de l’Aquitaine. Les rivalités franco-anglaises, la guerre de Cent Ans, les changements de propriétaires et les transformations successives du bâtiment laissent leur empreinte dans la pierre. Les siècles passent. La vocation militaire disparaît au profit d’une activité moins belliqueuse : la viticulture. Aujourd’hui, Pierre-Gilles et Marie-Hélène Gromand d’Évry y produisent un vin droit et structuré.
Carte de Belleyme 1785.
À l’intérieur du bâtiment, les visiteurs sont accueillis dans le bureau situé dans l’impressionnant salon. Les portraits des glorieux aïeux tapissent les murs, les rideaux épais s’ouvrent sur la cour du Château. Pierre-Gilles entreprend de raconter l’histoire familiale, dont il est le dépositaire : la saga de Lamarque, les faits d’armes de son père Roger, qui fut résistant et compagnon du Général de Gaulle, mais aussi la renaissance, dans les années 1960, d’un vignoble qui était tombé en désuétude. À l’époque, on ne produit quasiment plus de vin ici. Lorsque Roger Gromand d’Évry reprend le Château en main, la Propriété viticole n’est plus que l’ombre de ce qu’elle avait été. Les décennies difficiles traversées par le Médoc, les guerres et les crises ont fait leur œuvre. Il ne reste alors plus qu’un demi-hectare de vigne. Tout est donc, à recommencer, ou presque. Pour reconstruire patiemment le vignoble, la famille fait appel à un homme dont le nom deviendra indissociable du renouveau des vins de Bordeaux : Émile Peynaud. Le célèbre œnologue est alors encore au début de la carrière qui fera de lui l’un des grands penseurs de la vinification moderne. Parcelle après parcelle, Lamarque se reconstruit.
Aujourd’hui, c’est le duo composé par Pierre-Gilles et Marie-Hélène qui poursuit cet héritage. Le sens de l’accueil du sémillant couple fait mouche, tout autant que sa complémentarité.
À Lamarque, c’est Marie-Hélène qui bichonne les vignes. Elle y applique la Méthode Cousinié depuis 1995. Celle-ci illustre la notion de “sphère biologique en parfait équilibre”. Cette méthode implique un mode de réflexion global, une approche plus environnementale de l’agronomie, des solutions nutritives et correctives mesurées. Elle permet simultanément de rééquilibrer les sols, de renforcer les capacités de défense naturelle des vignes tout en améliorant les qualités intrinsèques du raisin. Pierre-Gilles, lui, suit l’élaboration du vin et s’occupe du côté commercial. Le vignoble s’étend sur plusieurs types de sols caractéristiques de cette partie du Médoc. Graves et argiles composent une mosaïque de terroirs où trouvent naturellement leur place les grands cépages rouges bordelais : Cabernet Sauvignon, Merlot et Petit Verdot. Le vin est ensuite élevé pendant 16 à 18 mois en barriques de chêne merrain de l’Allier.
Marie-Hélène et Pierre-Gilles Gromand d’Evry
Les vins du Château de Lamarque racontent son origine sans artifice et développent leurs complexités en traversant les années. Une aptitude au temps long qui, ici, semble presque aller de soi.