« Château Picque Caillou est la Propriété idéale pour moi »
Président de l’Union Bordeaux-Bègles, Laurent Marti s’est lancé un nouveau défi en acquérant le Château Picque Caillou. Avec ce Grand Cru de Pessac-Léognan, il concrétise un rêve de longue date et affiche des ambitions élevées. De quoi viser, là aussi, les sommets ?
Bonjour Laurent, pourquoi avez-vous décidé d’acquérir le Château Picque Caillou ?
Devenir propriétaire d’une Propriété viticole est un projet que je mûris depuis environ dix ans. J’ai visité beaucoup de Châteaux et dans mon cahier des charges initial, je souhaitais investir à Pessac-Léognan. J’aime beaucoup les vins de cette appellation et sa proximité avec Bordeaux est un avantage incroyable. Pendant des années, je suis passé devant Picque Caillou qui malheureusement n’était pas en vente. Je trouvais cela bien dommage car c’était la Propriété idéale pour moi… Jusqu’au jour où le dossier est arrivé sur mon bureau, et là ça n’a pas trainé !
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
Plusieurs choses : tout d’abord la proximité avec Bordeaux. C’est magique d’avoir un tel Château intra-rocade, à 10 minutes à peine du stade Chaban-Delmas et 15 du centre-ville. Le tout dans un poumon vert entouré de vignes. Et puis, je trouve le lieu particulièrement charmant. Au printemps, quand on entre dans la Propriété, on en prend plein les yeux. J’adore le charme et l’élégance de la bâtisse.
Il parait que le nom Picque Caillou résonne avec votre histoire personnelle ?
Absolument, la Plaine des Sports de Bergerac où je m’entrainais quand j’étais jeune et que jouais au rugby avec l’USB (Union sportive de Bergerac) porte le même nom que le Château. Je me suis dit que c’était un joli clin d’œil.
Votre histoire avec le vin remonte à loin ?
C’est très particulier. Mon père a toujours aimé les bons vins, ce qui n’était pas mon cas paradoxalement. Pendant longtemps, je n’arrivais pas à apprécier le vin et j’en étais presque malheureux. Je crois que j’ai eu un déclic psychologique quand je suis devenu Président de l’UBB. J’avais presque 40 ans et je me suis dit : « tu ne peux pas être président d’un club de rugby à Bordeaux et ne pas boire de vin ! »
Vous avez des moments liés aux Grands Crus de Bordeaux qui vous ont marqué ?
De nombreux souvenirs mais je vais vous en citer un en particulier : le premier grand vin de Bordeaux que j’ai bu, c’était avec Vincent Gerbaud, un ami restaurateur sur le bassin d’Arcachon. Il m’avait fait gouter un Château Angélus 2000 dont j’ai gardé un magnifique souvenir.
Existe-t-il des valeurs communes entre le rugby et le vin ?
Pour moi, il y en a beaucoup ! Le rugby comme le vin sont des écoles de l’humilité. Vous tombez toujours sur meilleur que vous. C’est aussi une école du dur labeur. Il faut une année de travail acharné pour obtenir un résultat : que cela soit remporter un titre en rugby ou produire un bon vin en viticulture. D’ailleurs pas mal de gens du monde du rugby sont aussi dans le vin. Je pense notamment à Rémi Lamerat, Gérard Bertrand ou Jacky Lorenzetti.
Quelle est votre ambition et votre vision pour le Château ?
C’est important pour moi de signaler que j’ai recruté deux personnes de très grande qualité qui vont m’accompagner au quotidien sur ce projet. Peggy Plouhinec qui est une Directrice Générale passionnée et Stéphane Dief, qui a démarré avec deux rangs de vigne au fin fond du Médoc à Clos Manou et fait aujourd’hui un superbe vin unanimement reconnu par la profession. Comme son fils reprend la Propriété, il peut me consacrer du temps. C’est lui qui s’occupe de toute la production et du suivi des vignes à Picque Caillou. Ensemble, on va essayer de perpétuer le bon travail fait par la famille Calvet et y mettre notre touche. Nous cherchons à améliorer les rendements et à aller encore plus loin dans la qualité du vin. Par ailleurs, nous avons prévu de rénover la propriété et d’agrandir le chai à barriques.
En cas de doublé de l’UBB en coupe d’Europe ou de victoire en Top 14. Quel millésime de Picque Caillou déboucherez-vous ?
Figurez-vous que j’en déboucherai plusieurs ! Mais mon Millésime de prédilection est le 2009. Il me plait particulièrement, il n’y en a plus beaucoup malheureusement.