Château Léoville Barton, 200 ans d’élégance et de fidélité à Saint-Julien
Il est des dynasties bordelaises dont l’histoire épouse celle du vignoble. La famille Barton en est l’une des plus emblématiques. Cette année, Léoville Barton fête ses 200 ans : 2 siècles d’histoire sans jamais changer de famille propriétaire. Une singularité (parmi d’autres) qui fait de ce Grand Cru Classé franco-irlandais un Château très particulier. Retour sur l’histoire d’un mythe de Saint-Julien.
Dans le Médoc, certaines histoires s’écrivent dans la durée. Celle de la famille Barton appartient à cette catégorie rare : deux siècles de présence continue au cœur de l’appellation Saint-Julien. À l’origine, pourtant, rien n’était écrit. Thomas Barton, négociant irlandais, arrive à Bordeaux au début du XVIIIe siècle, une époque où d’autres noms illustres (Phelan, Lynch, Kirwan…) quittent l’île d’Émeraude. Il fonde une maison de négoce tournée vers l’Europe. Après la Révolution française, son petit-fils Hugh Barton ancre la famille dans le Médoc en acquérant le Château Langoa en 1821, puis une partie du vignoble du Domaine de Léoville, quand l’opportunité survient en 1826. Ainsi débute l’histoire de Léoville Barton qui fête ses 200 ans cette année. « Langoa, c’était une vraie volonté. Léoville ça s’est fait presque par hasard », glisse aujourd’hui Lilian Barton–Sartorius avec un sourire. Il faut croire que parfois le destin fait bien les choses. Lors du classement de 1855, le Château Léoville Barton est distingué 2e Grand Cru Classé de Saint-Julien.
Depuis toujours, Léoville Barton cultive son charmant accent irlandais. D’ailleurs l’Irlande et le Royaume-Uni font partie des marchés historiques qui ont largement contribué à son rayonnement. « Les Irlandais considèrent presque que c’est leur vin », sourit Lilian Barton en s’appuyant sur une histoire nourrie d’anecdotes devenues presque légendaires. La plus célèbre ? En 2011, quand la Reine Elizabeth II effectue la première visite officielle de la monarchie britannique en Irlande depuis un siècle, c’est du Léoville Barton qui est servi à table lors du dîner protocolaire !
Pour célébrer ses 200 ans, le Grand Cru classé compte bien mettre à l’honneur cette double identité bordelaise et celte. Les festivités prévoient notamment des dîners intimistes avec les fidèles du domaine entre New York, Hong Kong et évidemment Dublin. « On préfère voir les gens, discuter… plutôt qu’une grande fête plus impersonnelle », explique Lilian Barton. Une manière, finalement, de rester fidèle à ce qui fait l’identité de la maison depuis deux siècles : une élégance sans ostentation, et une vision du vin profondément humaine. C’est cette vision que le Château Léoville Barton mettra également à l’honneur en accueillant à Langoa, la dégustation des Primeurs pour les appellations Saint-Julien, Listrac-Médoc et Moulis-en-Médoc du 20 au 23 avril prochain : « On fera des petits clins d’œil à la convivialité irlandaise » conclut Lilian Barton. Nous voici rassurés.