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Château Léoville Barton, 200 ans d’élégance et de fidélité à Saint-Julien
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Château Léoville Barton, 200 ans d’élégance et de fidélité à Saint-Julien

Il est des dynasties bordelaises dont l’histoire épouse celle du vignoble. La famille Barton en est l’une des plus emblématiques. Cette année, Léoville Barton fête ses 200 ans : 2 siècles d’histoire sans jamais changer de famille propriétaire. Une singularité (parmi d’autres) qui fait de ce Grand Cru Classé franco-irlandais un Château très particulier. Retour sur l’histoire d’un mythe de Saint-Julien.

Dans le Médoc, certaines histoires s’écrivent dans la durée. Celle de la famille Barton appartient à cette catégorie rare : deux siècles de présence continue au cœur de l’appellation Saint-Julien. À l’origine, pourtant, rien n’était écrit. Thomas Barton, négociant irlandais, arrive à Bordeaux au début du XVIIIe siècle, une époque où d’autres noms illustres (Phelan, Lynch, Kirwan…) quittent l’île d’ÉmeraudeIl fonde une maison de négoce tournée vers l’Europe. Après la Révolution française, son petit-fils Hugh Barton ancre la famille dans le Médoc en acquérant le Château Langoa en 1821, puis une partie du vignoble du Domaine de Léovillequand l’opportunité survient en 1826. Ainsi débute l’histoire de Léoville Barton qui fête ses 200 ans cette année. « Langoa, c’était une vraie volonté. Léoville ça s’est fait presque par hasard », glisse aujourd’hui Lilian BartonSartorius avec un sourire. Il faut croire que parfois le destin fait bien les choses. Lors du classement de 1855, le Château Léoville Barton est distingué 2e Grand Cru Classé de Saint-Julien. 

Anthony Barton, le gentleman du Médoc Dans la riche histoire du Grand Cru classé de Saint-Julien, il y a un personnage clé : Anthony Barton. Arrivé dans le Bordelais après la Seconde Guerre mondiale, cet homme que rien ne destinait à une carrière dans le vin, sera l’un des acteurs majeurs du renouveau de Saint-Julien. Dans les années 1950, Bordeaux est pourtant loin de son aura actuelle : propriétés en difficulté, chais vétustes, marchés incertains : « C’était une époque délicate pour tout le monde, les Châteaux étaient en ruine, on achetait des barriques neuves uniquement s’il y avait de l’argent. Quand il pleuvait mes parents allaient à Langoa avec une bassine » se souvient Lilian Barton-Sartorius. Après avoir œuvré, sous l’égide de son oncle dans la maison de négoce familiale, Anthony Barton va progressivement s’investir dans le vignoble. À partir des années 1980, il amorce à Léoville une véritable transformation : investissements réguliers dans l’outil de production, amélioration du vignoble, choix décisif d’un accompagnement œnologique adapté, et surtout, une vision claire : produire des vins constants, fidèles à leur terroir. Cette rigueur, alliée à une certaine intuition redonne au domaine son lustre d’antan et accompagne le renouveau plus global du Médoc. Sous la houlette du « gentleman du Médoc » Léoville Barton devient l’un des chouchous des connaisseurs de Grands Crus de Bordeaux, avec ses vins au style gourmand et taillés pour la garde.
Irish spirit En 2009, Lilian Barton prend la suite de son père à la tête du Château en poursuivant son œuvre et en répercutant les valeurs transmises. Aujourd’hui, la génération suivante est d’ailleurs déjà bien présente, avec Mélanie, première œnologue de l’histoire de la famille et Damien, dont le profil est davantage tourné vers le commerce et l’international. Une complémentarité qui enchante Lilian Barton-Sartorius « C’est sympa que les enfants se soient joints à moi pour que l’aventure familiale continue ». Les Propriétaires du Château poursuivent l’œuvre de leurs aïeux et maintiennent la même ligne de conduite, de la vigne aux chais : celle d’exprimer sans artifices et le plus justement possible le magnifique terroir de Saint-Julien. Cette vision a été récompensée en 2019 par le prestigieux magazine américain Wine Spectator qui consacra le Château Léoville Barton 2016, vin de l’année !

Depuis toujours, Léoville Barton cultive son charmant accent irlandais. D’ailleurs l’Irlande et le Royaume-Uni font partie des marchés historiques qui ont largement contribué à son rayonnement. « Les Irlandais considèrent presque que c’est leur vin », sourit Lilian Barton en s’appuyant sur une histoire nourrie d’anecdotes devenues presque légendaires. La plus célèbre ? En 2011, quand la Reine Elizabeth II effectue la première visite officielle de la monarchie britannique en Irlande depuis un siècle, c’est du Léoville Barton qui est servi à table lors du dîner protocolaire ! 

Pour célébrer ses 200 ans, le Grand Cru classé compte bien mettre à l’honneur cette double identité bordelaise et celte. Les festivités prévoient notamment des dîners intimistes avec les fidèles du domaine entre New York, Hong Kong et évidemment Dublin. « On préfère voir les gens, discuter… plutôt qu’une grande fête plus impersonnelle », explique Lilian Barton. Une manière, finalement, de rester fidèle à ce qui fait l’identité de la maison depuis deux siècles : une élégance sans ostentation, et une vision du vin profondément humaine. C’est cette vision que le Château Léoville Barton mettra également à l’honneur en accueillant à Langoa, la dégustation des Primeurs pour les appellations Saint-JulienListrac-Médoc et Moulis-en-Médoc du 20 au 23 avril prochain : « On fera des petits clins d’œil à la convivialité irlandaise » conclut Lilian Barton. Nous voici rassurés.

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