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Rencontre avec Tonya Pitts
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Rencontre avec Tonya Pitts

Pour leur dernier jour de Tournée Américaine, l’Union des Grands Crus de Bordeaux pose ses valises à San Francisco. Rencontre avec Tonya Pitts, sommelière et femme inspirante qui promeut la diversité et l'inclusion dans l'industrie du vin.

Bonjour Tonya, c'est un plaisir de vous rencontrer. Pourriez-vous nous en dire plus sur vous ?

Je suis Tonya Pitts, directrice des vins et sommelière au restaurant One Market à San Francisco. J’évolue dans le monde du vin depuis plusieurs décennies maintenant. Mais pour être honnête, il y a 30 ans, je n'imaginais pas que je finirais par devenir sommelière !

"Un jour, j’ai sauté le pas et j’ai pris un verre. J'ai commencé à parler de mes sensations, de ce que le vin m’inspirait."

Comment votre parcours dans le monde du vin a-t-il commencé ?

Mon premier contact avec le vin a eu lieu à Saint-Louis, dans le Missouri. Je travaillais dans un restaurant français pendant mes études. La carte des vins était composée de vins de Bordeaux, de vins américains, australiens et italiens. À l'époque, je ne buvais pas, mais je restais à table après le service et j'écoutais les chefs discuter de mets et vin. Un jour, j’ai sauté le pas et j’ai pris un verre. J'ai commencé à parler de mes sensations, de ce que le vin m’inspirait. De nombreuses personnes autour de la table ont alors réalisé que j'avais un palais et j'ai commencé à le nourrir. Mais mon véritable parcours a commencé lorsque j'ai déménagé en Californie et que j'ai commencé à travailler en restauration.

Vous dites qu’il n’était pas facile d’être une sommelière noire lorsque vous avez commencé à travailler dans ce secteur.

Je suis dans le métier depuis très longtemps. Et il faut être honnête : on ne voit pas beaucoup de personnes de couleur. Quand j’ai commencé, il y a 30 ans, ce n'était pas facile, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de femmes non plus ! C'est pourquoi, lorsque j'ai l'occasion d'aider des personnes de couleur ou des minorités à entrer dans l'industrie, j'essaie toujours de faire de mon mieux. Ces derniers temps, les choses changent et le monde du vin devient plus accueillant, plus conscient et plus inclusif. On voit maintenant toutes sortes de personnes qu’elles soient issues de la communauté LGBTQ, de la communauté noire, latina ou philippine, travailler comme sommeliers. C’est formidable

Quel rôle ont joué les Grands Crus de Bordeaux dans votre éducation vinicole ?

Ce sont les premiers vins que j'ai dégustés ! Quand j'étais jeune, je travaillais dans un très beau restaurant dont les propriétaires étaient des gens très généreux. Lorsque j'ai eu 21 ans, ils ont ouvert une bouteille de Mouton Rothschild 1976 à l’occasion du repas. C'est la première bouteille dont je me souviens. J'étais très excitée parce que la première gorgée était époustouflante. Depuis lors, Bordeaux a une place très spéciale dans mon cœur. Mon cœur chante lorsque je bois et goûte des grands vins de Bordeaux !

"Je dirais probablement que mes millésimes favoris sont ceux des années 60, 70 et 80. J’affectionne particulièrement le millésime 1976."

Quels sont vos millésimes préférés ?

Pour moi, plus c’est vieux, plus c’est bon ! Je dirais probablement que mes millésimes favoris sont ceux des années 60, 70 et 80. J’affectionne particulièrement le millésime 1976. C’est sans doute mon millésime préféré, et pas seulement par nostalgie. J'ai eu beaucoup de chance de découvrir à ce millésime très tôt et de continuer à le déguster par la suite.

Pouvez-vous nous raconter un souvenir marquant lié au Grands Crus de Bordeaux ?

L'un de mes meilleurs souvenirs concerne le regretté Denis Malbec. C'était un ami très cher et chaque fois qu'il organisait un événement ou un dîner chez lui, il ouvrait un magnum de Château Latour. Un jour, nous étions dans son jardin à Napa, lors d'une fête où il avait invité tous ses clients et amis à dîner. Tard dans la soirée, il a débouché un magnum de 1976 en mon honneur. C’était magique.

"J'aime boire un verre de vin et réfléchir à la vie. Les vins de Bordeaux sont parfaits pour cela, ils sont assez ésotériques et provoquent la réflexion "

Quelle bouteille de Bordeaux ouvririez-vous pour une occasion spéciale ?

Parfois, j'aime boire un verre de vin et réfléchir à la vie. Les vins de Bordeaux sont parfaits pour cela, ils sont assez ésotériques et provoquent la réflexion. J'ouvrirais donc probablement une bouteille de Pomerol ou de Saint-Emilion. Je choisirais probablement le millésime 1982 En 1982, le vin a toujours cette présence très forte et dominante. Il est très long en bouche. Il a ce côté fruit noir, mais aussi des notes tertiaires et de champignons et en même temps il a une grande douceur en bouche.

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